On arrive au camping juste à temps pour monter la tente 10 personnes de Sonya et Stéphane avant la nuit.
Avec Jérôme et son diplôme spécial montage de tente, ça ne prend pas longtemps, heureusement !
Ensuite, on se mitonne un super plat de pâtes dans le van pour bien coller au corps avant la longue journée qui nous attend demain et hop tout le monde au dodo !

On se réveille assez tôt le lendemain matin, on a un planning chargé avant même de commencer la rando !
Il faut qu'on prenne un bon pti déj et puis qu'on conduise jusqu'aux parking d'arrivée pour y laisser le van et au parking de départ pour enfin commencer.

Aller, 19,4 kilomètres de piste nous attendent, c'est de bonne humeur et chaudement habillé que nous les entamons, mais on se rendra vite compte que bonnets, gants et écharpes sont superflues quand le soleil sort de sa cachette.

Le début est assez facile, je fais équipe avec Sonya et on potine à mort pendant les 2 premières heures, alors que les gars font leurs concours de quéquettes pour essayer de déterminer qui d'eux deux est le mâle alpha !!!
Parfois, ils font semblant d'être polis et nous attendent, surtout que c'est moi qui porte une partie de nos vivres !!!

Au bout d'une heure, ça commence à se corser quelques peu, une flopée de marche s'élève à l'infini devant nous, argh.
Bon en même temps fallait bien s'en douter, c'est un volcan qu'on va traversée, pas une plaine.
On se motive avec Sonya et on fait une pause toutes les 20 marches (uniquement pour apprécier le paysage !).

Au bout de 2 heures, on atteint South Crater et devant nous se dresse la cheminée presque parfaite du Mont Ngauruhoe (aka Mont Doom ou la Montagne du Destin pour les LOTR fans !). Un gentil panneau nous indique qu'on peut gravir cette montagne et faire l'aller-retour en 3 heures (ce qui amènerait la journée de rando à 10 heures au lieu de 7, pas négligeable).



Evidemment, au début, je me dis "Wouahou, ça pourrait être cool, mais je vais être méga crevée après ça" et puis à l'air dangereux mine de rien.
Sonya est pas chaude non plus, mais les gars sont super motivés !
Un couple de néo-zélandais nous disent qu'on devrait le faire vu qu'on est pas dépendant d'un bus (on a notre voiture qui nous attend donc on peut arriver quand on veut), que le temps est plutôt dégagé donc c'est idéal. Eux-mêmes attendent leur fille qui fait l'ascension...
Du coup, je me tâte et vu d'ici, les gens ont pas trop l'air de galérer, une sorte de chemin à l'air formé, bon ok, je suis partante... Et du coup, Sonya aussi.

Et voilà la décision qui a ruiné la journée !
Au lieu de 3 heures aller-retour, on en a mis 4 et on a donné tout ce qu'on avait car la pente était super abrupte !
En arrivant en haut, on était exténuée et cerise sur le gâteau, on était dans le nuage, du coup, la superbe vue qu'on attendait était complètement bouchée !!!



Sonya et moi on part en avance pour entamer la descente qui se fait en glissant dans les coulées de terres, petits cailloux, etc...
C'est certes beaucoup plus rapide que la montée mais aussi très fatiguant car on est tout en tension, on tombe pas mal et on se prend des gros cailloux dans les chevilles.
En arrivant en bas, vers 15 heures, c'est un peu la dépression car pour terminer la rando originale, il reste 4 heures (dont encore un peu de montée) et on a presque plus d'eau !
Sonya et Stéphane hésitent à faire demi-tour mais on les convainc de finir la rando avec nous.

On continue de bonne grâce mais c'est très difficile pour Sonya et moi. Finalement, on arrive au point le plus haut et la vue est partiellement magnifique (car des nuages nous cachent une partie du paysage).



On croise le Red Crater puis vient le moment de commencer à descendre et là, surprise, on doit encore faire des glissades pendant une demi-heure, youpi ! Je crois que c'est le moment où mes jambes ont commencé à me lâcher.
Heureusement, c'est là que nous sont apparus les Emerald Lakes qui nous a détournés de la douleur.


Puis on a contourné le Blue Lake et on est entrés dans la phase de descente dans une zone à la végétation basse.
Toute cette zone était vraiment agréable car assez plate et on avait une superbe vue sur le lac Rotoaira.

Après ça, on a atteint les zones géothermiques comme à Rotorua, des fumerolles sortent de la terre, on voit des pierres teintées de jaunes à cause du souffre et de rouge (je sais pu pour quoi !!).

Enfin, à mesure qu'on descend, la végétation grandit et bientôt, on se trouve dans la forêt tropicale.
Malheureusement, la descente est HYPER longue et on commence à avoir mal partout, on jure dès qu'on croise des marches pour descendre qui ravivent nos douleurs...
Du coup, toute ces dernières parties est de la pure torture. Seul point positif, on est passé par une hut du Doc à une heure et demi de la fin de parcours et on a pu se ravitailler en eau ce qui a remonté le moral des troupes.
Vers 20h, on arrive enfin au parking, honnêtement, à la fin on y croyait plus, c'était affreux.
Après une bière et des Choco Krispies bien mérités, on récupère la voiture de Sonya au premier parking et on rentre au parking.
Tout le monde est mort, on prend même pas la peine de dîner, on se nettoie juste sous le robinet d'eau froide et au dodo !
Même si j'ai très bien dormi comme on pouvait s'y attendre, j'ai eu du mal à m'endormir car mes cuisses me brûlaient, aïe aïe aïe !!

Le lendemain, au réveil, on marche tous de façon robotique pour essayer de ressentir les courbatures le moins possible (j'ai maudit la marche du van pendant quelques jours !).
Après un bon petit déjeuner, Stéph' et Sonya nous quittent et retournent en direction de Napier alors que nous continuons la route vers Wanganui.

10 jours après cette expérience, j'en garde un très bon souvenir (beaucoup plus facile quand on peut marcher sans se trouver ridicule...).
En tout cas, c'était super cool de pouvoir partager cette expérience avec Stéph et Sonya !! Merci d'avoir été assez fous pour nous accompagner, les gars !!!

N'empêche, j'ai souffert, mais je l'ai fait, j'aurais pas cru !!!